samedi 26 octobre 2013

La tête en friche, simplement tendre

de Marie-Sabine Roger

Qu'il est attachant ce grand bonhomme bourru et analphabète - Voir : qui ne sait ni lire ni écrire. Il trimballe sa naïveté et sa tendresse aux quatre coins du quartier, retrouve ses amis au bistro avant de retourner partager son cœur et son lit avec Annette. Il aime les plaisirs simples, Germain. Bêcher son jardin, cultiver ses tomates et compter les pigeons du parc. Il faut dire que la vie ne l'a pas toujours gâté et qu'il s'en est pris des mornifles - Voir : coups, gifles. Elevé à la dure, c'est à quarante ans passés qu'il connaîtra  la douce caresse de l'amour filial, quasi maternel, avec Margueritte, cette petite vieille toute frêle et très cultivée qui s'adonne elle aussi au comptage de pigeons. Une histoire duveteuse à savourer d'urgence !


Germain, il a "la tête en friche", comme il dit - Voir : inculte. Cela ne l'a jamais vraiment dérangé, Annette elle l'aime comme ça et ses copains du troquet, ils rient quand même de ses blagues. Les gens l'apprécient, Germain, sauf sa mère avec qui ça n'a jamais été le grand amour. Toutefois, lorsqu'il rencontre Margueritte, il s'aperçoit que la culture et l'amour lui ont peut-être bien manqués, sans même qu'il en est jamais été tout à fait conscient. Que c'est doux d'avoir quelqu'un qui vous écoute et vous regarde avec fierté ! Que c'est grisant d'apprendre de nouvelles choses et de se surpasser ! Dans les livres que Margueritte lui lit, Germain se défriche la tête et se met à penser. Penser pour de vrai, réfléchir, se poser des questions qu'il avait toujours préféré ignorer jusqu'à maintenant.
 
J'admets qu'il m'a fallu quelques pages avant de me plonger totalement dans cet ouvrage. J'ai d'abord été déstabilisée par le style, extrêmement naïf et un peu fruste. Eh oui, car ce Germain, il est brut de décoffrage. C'est un gros caillou pas encore poli. Il brille, mais de l'intérieur seulement. A l'extérieur, il râpe un peu. Ses angles sont taillés à l'Opinel vous comprenez ! J'ai toutefois été impressionnée par la capacité de Marie-Sabine Roger, en tant que femme, à faire parler ce quadra un peu rustre. Si le style surprend, il faut admettre qu'il est sacrément bien travaillé ! Et puis je n'ai pas pu lutter contre ce trop plein d'amour et de tendresse qu'ils nous donnent, Germain et Margueritte. Je me suis laissée bercer par leurs échanges et me suis à mon tour assise sur ce banc, dans ce parc. Je me suis mise à compter les pigeons avec eux.
 
Un Instant Lecture dans le cadre de nos Livr'à Deux
 
Retrouvez la chronique de Aux Livres de mes Ruches > ici
 
 
 
A DECOUVRIR AUSSI :
*** Les larmes de Tarzan, de Katarina Mazzetti

1 commentaire:

  1. Je suis bien contente que cette lecture t'aies ravie ! Bientôt le mois de novembre pour de nouvelles découvertes communes :)

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